La SNCF, les quais de gare et autres voyages.

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Un petit article d’hommage à celle qui fait la saveur de mes week-end, qui les pimentent, sans qui la vie serait monotone… je parle bien sûr de notre chère amie la SNCF, cette adorable personne à la voix féminine, qui joue si gentiment avec nos nerfs.
Elle a d’innocents passe-temps, des loisirs charmants, tantôt pour surprendre l’adversaire elle supprime un train, pour affirmer son pouvoirs, comme les enfants intransigeants. Et ravie elle contemple la foule qui se masse dans la salle d’attente. Ses prêtres, aux guichets, la servent aveuglément et répètent leurs litanies: « nous vous prions de vous excuser pour ce retard/désagrément/autre. ». Tantôt c’est un jeu du chat et de la souris: annoncer un retard, un gros retard, tout le monde va attendre au café, changer d’avis et le train arrive à l’heure. Et la tête des gens qui reviennent.
La SNCF offre en pature à votre rédactrice le panel des réactions humaines à observer, sans en tirer le parti de Proust, mais avec la joie de la collectionneuse, et de la misanthrope confirmée dans sa misanthropie. Il y a cet enfant qui hurle en tapant la valise. Deux amoureux, englués l’un à l’autre, on les comprend, il fait froid et il faut se tenir chaud. La jeune femme qui téléphone pour prévenir de son retard. L’homme en costume-cravatte, qui fume cigarette sur cigarette avant de téléphoner lui aussi, pour insulter d’un ton méprisant cette organisation douteuse. Le djeuns, écouteurs sur les oreilles, qui ennuie tout le voisinage avec sa musique techno. Une grand-mère qui attend, immobile. Une personne qui écrit, quoi? une lettre? un roman? du travail? Puis tout le monde s’agglutine pour monter dans les wagons.
Sauf votre rédactrice, qui, avec son goût coutumier pour la contradiction, reste sur le quai, encore, toujours, longtemps, et voit partir les trains. Voit partir les gens qui vont quelque part. N’est-il pas fascinant de songer que chacun a une vie, qu’il existe un espace, une trajectoire pour chacun de ses êtres, qui semblent inexistants sur ce quai? Et puis les trains, quelle meilleure image du départ, ils semblent promettre un ailleurs, on pourrait partir, voir autre chose, vivre autre chose. Mais les seuls trains que l’on prend sont ceux qui mènent au quotidien. Toujours le même trajet, dans un sens, dans l’autre…
Dans les trains il y a plusieurs types de personnes:
– ceux qui se dépêchent de monter, pour se mettre près de la fenêtre, ils vont quelque part, mais voudraient regarder le paysage, ne rien perdre, ne rien manquer.
– ceux qui s’assoient n’importe où, qu’importe à vrai dire le trajet, on arrivera tôt ou tard.
– ceux qui conduisent le train, qui ont voulu maîtriser le trajet, même si c’est sur ordre, ce sont eux qui décident de la direction, qui contrôlent le train.
– ceux qui montent dans le dernier wagon, à l’arrière de celui-ci, dans la zone après les sièges, à côté de la porte battante des toilettes. Assis près de la porte vitrée ils voient les rails franchies, qui disparaissent, ils regardent en arrière le chemin qui s’efface déjà.

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~ par V. sur décembre 14, 2008.

2 Réponses to “La SNCF, les quais de gare et autres voyages.”

  1. Bizarre, peut-être, mais je n’ai jamais pris le train. Mais ton article m’en donne envie. La SNCF doit être une expérience à vivre au moins une fois dans sa vie, je suppose…

    xoxoxo

  2. Jamais pris le train ? Curieux, indeed. Le champ de possible non encore exploré est plus limité pour ma part : il faudra que je teste le dernier wagon pour voir les rails converger.

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