Vers l’infini et au-delà

Ah! le beau temps des vacances, si vite passé, si vite perdu… Pendant les vacances nous autres hypokhâgneux chanceux sommes partis à Rome tandis que nos aînés, les érudits khâgneux révisaient pour le concours qui approche…

Ce fut toute une expédition, d’abord l’inévitable rendez-vous à la gare, le comptage des brebis (qui sont alors en train de demander anxieusement à leurs camarades s’ils ont, ou non, pris la grammaire latine, le vocabulaire anglais, le polycop d’histoire, les cours de géo…), et puis le départ, la recherche désespérée de places dans le train, le sandwich, et enfin, à Toulouse, la découverte du train de nuit, inconnu de la plupart de nos explorateurs en herbe. Après une nuit agitée (comment on ferme la porte? vous vous mettez en pyjama vous? quelqu’un veut mon reste de sandwich?….) et le sacrifice de deux victimes désignées par le sort pour partager le compartiment des profs, nous arrivons dans la ville éternelle, et posons un pied conquérant sur ses pierres antiques (la gare doit dater de … euh… Marc Aurèle ou Antonin?… la question reste ouverte).
Après nous être hâtivement débarrassé de notre barda, nous nous lançons à l’assaut des forums, des temples, des ruines, des villas détruites, des Colonnes Trajanes (très nombreuses…).
Cependant rapidement une question vient nous tourmenter: le prof est-il réellement humain? En effet, tous les jours de ce voyage nous nous levons à 7h, nous marchons toute la journée (ou restons debout devant une façade/une statue/un tableau…..), usant ainsi nos petits petons plus que de raison, et rapidement l’intérêt du musée cesse de se trouver dans les tableaux pour se reporter dans la présence, ou non de sièges. Ainsi nos réflexes changent peu à peu, et alors que durant le premier jour nous cherchions avidement à reconnaître les oeuvres présentes dans la salle où nous entrions, nous cherchons tout d’abord à repérer les sièges, puis les marches d’escaliers, qui finalement font très bien office de sièges, puis nous arrivons au stade où une concurrence s’installe et où on entre le plus vite possible dans la salle pour bénéficier d’une place assise, pour enfin voir arriver le moment, où, renonçant à tout honneur, notre groupe, à peine arrivé dans une salle, subit un effondrement général et où les autres visiteurs peuvent voir un troupeau d’hk assis à même le sol, mais écoutant bien sûr de toutes leurs oreilles leur cher prof. Et ce cher prof est l’objet de toute notre admiration: en effet, il ne s’assied jamais, il reste en costume toute la journée (quand nous souffrons en T-Shirt), il ne semble pas ressentir le besoin de manger (nous avons du mal à nous sustenter dans le quart d’heure qu’il nous laisse obligeamment à cet usage, et qu’il emploie à mettre au point la visite suivante)… Franchement ne vous semblerait-il pas hautement suspect? Ceux d’entre nous qui se destinent au professorat se demandent déjà quel entraînement ils devront subir pour parvenir à ce résultat…


Cependant le dernier jour, puisqu’il reste de l’argent (logique, comme nous avons tout fait à pied, nous n’avons pas trop dépensé en bus), le prof réserve dans une pizzeria et tout notre groupe profite de cette pause commune, de pouvoir manger tranquille et italien. Et constate que finalement le prof est peut-être humain.
Puis on rentre, la rentrée approche et il faut préparer la colle d’histoire/anglais/géographie… Dans les wagons couchettes on profite encore un peu de cette semaine-parenthèse, on invente le culte du Gaffiot (avec litanie du Quemadmodum et fumigations de pages du Gaffiot ainsi que du serre-tête de Maistresse N. vénérée professeur de latin, pour supports), on échange des gâteaux au chocolat et regrette que le prof (toujours lui) ne nous ait pas laissé le temps d’acheter un repas pour le soir… Et dernier moment en groupe avant le retour au quotidien: le matin à 7h à la gare de Dijon, entre 2 trains, le prof nous offrant (toujours avec l’argent restant) un petit-déj, alors qu’encore ensommeillés nous réalisons tout juste que nous sommes de retour en France.

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~ par V. sur mai 10, 2008.

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