Dans une boule de Noël.

C’était un souvenir rouge et or, une soirée de Noël d’autrefois. Elle ne s’en souvient pas très bien, tout semblait fondu dans les chants, la chaleur, la nostalgie douce, mais pourtant il restait le principal, l’essence de Noël. C’était… il y a combien d’années déjà ? Dix ans ? Plus ? Tout est brouillé et les images sont floues.
Au sapin dépenaillé posé aujourd’hui au centre de la pièce, entouré de quelques guirlandes aux couleurs passées se superpose un autre, plus vert, plus vrai, qui porte, grenat et dorées, les couleurs du moment. Il y avait aussi la guirlande lumineuse, et elle baigne la pièce d’une lueur chaude, matérialisant l’impression chaleureuse du temps d’alors, on peut se blottir au creux de ce souvenir. Sans doute, en mangeant la dinde avec ses parents, se demandait-elle quels cadeaux elle aurait le lendemain matin et si le Père Noël aurait pensé à elle. Elle croit qu’il y avait des bougies sur la table, et tout le monde ensemble, la famille, soudée autour de cet instant de bonheur, juste ensemble. Tout était comme les choses doivent être, pense-t-elle. Elle sent confusément que dans cette bulle rougeoyante du passé il y a quelque chose d’unique, mais elle n’aurait pas pu préciser quoi exactement, prise par le cliché du soir de Noël.
Et elle est rendue au silence du présent, au silence obsédant de la maison vide. Il n’y a plus que des ombres qui crient et se déchirent, chacun seul erre et se heurte aux autres fantômes, pleurant devant la trace évanescente, encore tiède, des soirées d’avant. Avant quoi ? Impossible de le dire, y a-t-il eu une rupture, ou bien les fissures ont-elle peu à peu pris l’avantage, minant le terrain un peu plus chaque jour, jusqu’à former ces ravins qui sillonnent aujourd’hui la maison ?
Il y avait un feu dans la cheminée, il brûlait joyeusement, dans le foyer. Elle croyait que cela durerait toujours, que toujours elle pourrait se réfugier dans ce nid accueillant. Mais il fait froid aujourd’hui et les flammes sont éteintes. Les liens sont dénoués, et il n’y a plus de guide, juste le vide, immense, un vide qui résonne et qu’on ne peut combler.
Elle se souvient du rouge intense, du rouge vrai, des couleurs, de la douceur de la chaleur et des voix qui murmurent, tout était vrai et l’on était heureux.

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~ par V. sur avril 14, 2008.

2 Réponses to “Dans une boule de Noël.”

  1. Comme quoi

  2. le boule rouge de noël l’été pour se souvenir du nid acceuilant, du feu brulant dans la chaminée – c’est intéressant: je ne me souviens pas d’aucun repas de noel chez nous, dans ma jeunesse, mais très bien de la neige, de l’odeur du sapin dans ma chambre où on le mettait, et oui, des bonbons que pour une fois meme si lentement, j’avais le droit de gouter.

    Le nid acceuillant je le crée maintenant toute seule pour moi même, eh oui, c’est aussi possible.

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