Une historiette

 DestinyRivage des Syrtes:
Une petite histoire, celle du Rivage des Syrtes de Julien Gracq, celle de Franz qui vit sous le regard de Sabina, sa déesse, « Tout ce qu’il fait, il le fait pour Sabina et d’une façon qui plairait à Sabina.«  , une petite histoire, une fascination, un amour presque surhumain.

Les Syrtes sont un grand pays, mais si vieux, qu’on pourrait les croire mourantes, elles agonisent lentement, tandis que, en face, séparé par une guerre si longue que l’on oublie presque son origine, il y a le Farghestan, cet autre pays, étranger, exotique, qui revit soudain, qu’on ne voit pas, mais dont la présence et sensible dans chaque mythe, dans chaque légende. Et les Syrtes sont fascinées, par cette vie, par le danger, par l’inaccessiblité.

Alors un jour, un bateau part des Syrtes, pour voir, pour tenter ce diable, pour enfin sortir de cette attente, de cette lente observation, pour « obtenir une réponse », qu’enfin quelque chose se passe. Parce que les Syrtes se meurent, cette fièvre qui les brûle, qui les dévore, qui les laisse tremblantes, elles brûlent de cette fièvre d’espoir, de peur et de fascination pour le Farghestan. Ce message devient nécessaire, pour faire cesser cette dévoration.

Puis après cette expédition, c’est l’attente à nouveau. Le Fargestan réagira-t-il à cette provocation? Ou laissera-t-il cette guerre s’endormir, comme elle est en train de le faire naturellement? Cette peur terrible que quelque chose arrive, ou n’arrive pas. Puis le temps passe, et si rien n’arrivait, et cette fièvre qui reprend…

Et enfin, le soulagement. Un émissaire du Farghestan, qui répond. La guerre pourrait encore s’arrêter pourtant, si les Syrtes le voulaient, mais non, la fièvre est trop bien installée maintenant, c’est elle qui parle désormais, on ne fait pas aisément machine arrière. Alors les Syrtes se lancent dans cette guerre.

Mais si le Farghestan n’avait pas réagi ou trop peu, alors les Syrtes auraient dû continuer, et cette fièvre serait restée, à les consumer, très lentement, sans les achever. L’attente, puis la fièvre, la fièvre, puis l’attente, le soulagement bref. Et le recommencement.

C’était la brêve histoire d’une fascination.

 Le grand amour?  

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~ par V. sur novembre 24, 2007.

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