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Les particules élémentaires


• Voir trois personnes attendre le tram, des écouteurs dans les oreilles, chacune écoute son monde.
• Un tram: deux jeunes femmes sont assises côte à côte, l’une feuillette Closer, l’autre lit L’Oeuvre au noir.
• Par la fenêtre du train, l’eau si plate et gonflée du Rhône sous la pluie, une coulée ébène sous le ciel gris, piquetée sans cesse par les mille gouttes de la pluie.
• À la sortie d’une école une mère, qui porte le voile, un voile si long que l’on aperçoit à peine ses yeux. Elle vient chercher sa fille, rose comme un bonbon dans sa tenue Barbie.
• Un sourire quand, au hasard d’un baladeur, on retombe sur cette chanson de Carla Bruni, de l’époque où elle n’était pas la femme de Sarkozy, où cette chanson n’avait d’autre sens que “c’est quelqu’un qui m’a dit…”
• Un arbre de vingt mètres de haut, et solidement attachées à la plus haute branche, une paire de baskets. Comment sont-elles arrivées là?
• Petit déjeuner au Parc de la Tête d’Or un vendredi matin avec des amis, avant le cours d’histoire à 10h, et manger des crêpes et des cookies à la cannelle, avec un peu de thé, pour ne pas oublier Proust.
• Voyager dans un vieux TER si taggé que la lumière ne traverse plus les fenêtres, mais dont le contrôleur, qui parle littérature comme un prof de Lettres, doit ouvrir manuellement les portes à chaque arrêt, puis les refermer, mais à chaque fois, pendant quelques minutes il y a le soleil tout entier, et le paysage dans ce pseudo-compartiment sans siège de l’avant du train.

Je complèterai, au fil des choses vues…

Vers l’infini et au-delà

Ah! le beau temps des vacances, si vite passé, si vite perdu… Pendant les vacances nous autres hypokhâgneux chanceux sommes partis à Rome tandis que nos aînés, les érudits khâgneux révisaient pour le concours qui approche…

Ce fut toute une expédition, d’abord l’inévitable rendez-vous à la gare, le comptage des brebis (qui sont alors en train de demander anxieusement à leurs camarades s’ils ont, ou non, pris la grammaire latine, le vocabulaire anglais, le polycop d’histoire, les cours de géo…), et puis le départ, la recherche désespérée de places dans le train, le sandwich, et enfin, à Toulouse, la découverte du train de nuit, inconnu de la plupart de nos explorateurs en herbe. Après une nuit agitée (comment on ferme la porte? vous vous mettez en pyjama vous? quelqu’un veut mon reste de sandwich?….) et le sacrifice de deux victimes désignées par le sort pour partager le compartiment des profs, nous arrivons dans la ville éternelle, et posons un pied conquérant sur ses pierres antiques (la gare doit dater de … euh… Marc Aurèle ou Antonin?… la question reste ouverte).
Après nous être hâtivement débarrassé de notre barda, nous nous lançons à l’assaut des forums, des temples, des ruines, des villas détruites, des Colonnes Trajanes (très nombreuses…).
Cependant rapidement une question vient nous tourmenter: le prof est-il réellement humain? En effet, tous les jours de ce voyage nous nous levons à 7h, nous marchons toute la journée (ou restons debout devant une façade/une statue/un tableau…..), usant ainsi nos petits petons plus que de raison, et rapidement l’intérêt du musée cesse de se trouver dans les tableaux pour se reporter dans la présence, ou non de sièges. Ainsi nos réflexes changent peu à peu, et alors que durant le premier jour nous cherchions avidement à reconnaître les oeuvres présentes dans la salle où nous entrions, nous cherchons tout d’abord à repérer les sièges, puis les marches d’escaliers, qui finalement font très bien office de sièges, puis nous arrivons au stade où une concurrence s’installe et où on entre le plus vite possible dans la salle pour bénéficier d’une place assise, pour enfin voir arriver le moment, où, renonçant à tout honneur, notre groupe, à peine arrivé dans une salle, subit un effondrement général et où les autres visiteurs peuvent voir un troupeau d’hk assis à même le sol, mais écoutant bien sûr de toutes leurs oreilles leur cher prof. Et ce cher prof est l’objet de toute notre admiration: en effet, il ne s’assied jamais, il reste en costume toute la journée (quand nous souffrons en T-Shirt), il ne semble pas ressentir le besoin de manger (nous avons du mal à nous sustenter dans le quart d’heure qu’il nous laisse obligeamment à cet usage, et qu’il emploie à mettre au point la visite suivante)… Franchement ne vous semblerait-il pas hautement suspect? Ceux d’entre nous qui se destinent au professorat se demandent déjà quel entraînement ils devront subir pour parvenir à ce résultat…


Cependant le dernier jour, puisqu’il reste de l’argent (logique, comme nous avons tout fait à pied, nous n’avons pas trop dépensé en bus), le prof réserve dans une pizzeria et tout notre groupe profite de cette pause commune, de pouvoir manger tranquille et italien. Et constate que finalement le prof est peut-être humain.
Puis on rentre, la rentrée approche et il faut préparer la colle d’histoire/anglais/géographie… Dans les wagons couchettes on profite encore un peu de cette semaine-parenthèse, on invente le culte du Gaffiot (avec litanie du Quemadmodum et fumigations de pages du Gaffiot ainsi que du serre-tête de Maistresse N. vénérée professeur de latin, pour supports), on échange des gâteaux au chocolat et regrette que le prof (toujours lui) ne nous ait pas laissé le temps d’acheter un repas pour le soir… Et dernier moment en groupe avant le retour au quotidien: le matin à 7h à la gare de Dijon, entre 2 trains, le prof nous offrant (toujours avec l’argent restant) un petit-déj, alors qu’encore ensommeillés nous réalisons tout juste que nous sommes de retour en France.

Annonce

Un petit mot pour annoncer l’ouverture de deux nouvelles pages (qui existent en fait depuis quelques temps) : la page “images” où l’on peut trouver toutes les images postées au fil des articles et la page “Ressources Word”, où l’on peut, précisément trouver différentes “ressources”, des fiches d’histoire, de Lettres, des textes tapés… Voilà.

Dans une boule de Noël.

C’était un souvenir rouge et or, une soirée de Noël d’autrefois. Elle ne s’en souvient pas très bien, tout semblait fondu dans les chants, la chaleur, la nostalgie douce, mais pourtant il restait le principal, l’essence de Noël. C’était… il y a combien d’années déjà ? Dix ans ? Plus ? Tout est brouillé et les images sont floues.
Au sapin dépenaillé posé aujourd’hui au centre de la pièce, entouré de quelques guirlandes aux couleurs passées se superpose un autre, plus vert, plus vrai, qui porte, grenat et dorées, les couleurs du moment. Il y avait aussi la guirlande lumineuse, et elle baigne la pièce d’une lueur chaude, matérialisant l’impression chaleureuse du temps d’alors, on peut se blottir au creux de ce souvenir. Sans doute, en mangeant la dinde avec ses parents, se demandait-elle quels cadeaux elle aurait le lendemain matin et si le Père Noël aurait pensé à elle. Elle croit qu’il y avait des bougies sur la table, et tout le monde ensemble, la famille, soudée autour de cet instant de bonheur, juste ensemble. Tout était comme les choses doivent être, pense-t-elle. Elle sent confusément que dans cette bulle rougeoyante du passé il y a quelque chose d’unique, mais elle n’aurait pas pu préciser quoi exactement, prise par le cliché du soir de Noël.
Et elle est rendue au silence du présent, au silence obsédant de la maison vide. Il n’y a plus que des ombres qui crient et se déchirent, chacun seul erre et se heurte aux autres fantômes, pleurant devant la trace évanescente, encore tiède, des soirées d’avant. Avant quoi ? Impossible de le dire, y a-t-il eu une rupture, ou bien les fissures ont-elle peu à peu pris l’avantage, minant le terrain un peu plus chaque jour, jusqu’à former ces ravins qui sillonnent aujourd’hui la maison ?
Il y avait un feu dans la cheminée, il brûlait joyeusement, dans le foyer. Elle croyait que cela durerait toujours, que toujours elle pourrait se réfugier dans ce nid accueillant. Mais il fait froid aujourd’hui et les flammes sont éteintes. Les liens sont dénoués, et il n’y a plus de guide, juste le vide, immense, un vide qui résonne et qu’on ne peut combler.
Elle se souvient du rouge intense, du rouge vrai, des couleurs, de la douceur de la chaleur et des voix qui murmurent, tout était vrai et l’on était heureux.

Bleu


Tree
Bleu. Le rectangle de la fenêtre semblait découpé dans un ciel lavé, à l’azur pur, intense, presque effrayant, uni, bleu de tout côté, sans aucune trace de mouton nuageux pour atténuer l’éclat de l’électre céleste. Les yeux brûlés par la vision de l’absolu dans la couleur, Ariane se retourna vers la tableau, noir. Le prof parlait, encore. Alceste a tort, il faut être bon… encore de la morale. La classe bourdonne doucement, tout est calme et de temps en temps on entend le bruit d’un avion qui traverse l’horizon. A-t-on idée de faire cours en juin, quand le Parc de la Tête d’Or est à deux pas et que l’on rêve d’après-midi passées allongé sur un gazon chauffé par le soleil, somnolant les yeux perdus dans l’éther. Il fait si beau. On pourrait facilement passer une journée blotti dans le creux des branches d’un arbre, un livre à la main, un livre facile et gentil où la nature chante, où l’on vit: Claudine si frémissante, si vive et si vraie, Simone de Beauvoir qui rencontre dans les champs et Dieu et la vie totale, englobante, particule dans la joie de l’instant. Et le temps s’écoulerait lentement, paisiblement, pour nous mener sans secousser vers le crépuscule, le moment où le turquoise du ciel s’approfondirait et que son velours se piquetterait de pépites argentines. Et Ariane pourrait rentrer chez elle, sous le ciel, les yeux détachés du livre et dans le vague, savourant le monde.
DRRIIINNG. Fin des cours. Ariane rangea ses affaires et sortit un livre, puis déjà prise pa la douceur de l’air et l’instant léger, elle se dirigea vers le Parc de la Tête d’Or.

CBII

Ah, les joies du printemps, les oiseaux, les oeufs de Pâques, les fleurs…. le deuxième concours blanc, les brouillons verts et les copies blanches… Que du bonheur.
Lundi, à 7h45, une bande de jeunes personnes stressées se trouvent devant l’amphithéâtre, elles parlent à voix basse, un peu tendues. En fait non, il est 7h25 et l’épreuve commencera dans 20 minutes. Mais il faut savoir que: votre (charmante) rédactrice a eu une mésaventure fort effrayante ce matin-là…
*flash back*
Sachant que 20 minutes sont nécessaires pour parcourir la distance domicile/prépa (15 par temps de pluie) et que l’épreuve commence à 45, V. a décidé de quitter l’appartement à 7h05. A 7h04, elle consulte sa montre et décide qu’il est temps: enfilage de chaussures, de manteau, fermeture de porte, attente devant ascenceur… consultation montre… 7h28!!! Panique à bord, alarmes, rien ne va plus. Bon, tout n’est pas perdu, mais il faut avouer que l’atmosphère devient alors celle d’un cauchemar: ce genre de choses ne peut arriver que dans un cauchemar! Course vers le lycée (et bien sûr les lacets se défont trois fois). Arrivée à 7h42… Personne devant la salle. Arg, aurait-on changé la salle? Panique à bord-bis… Puis finalement, prenant son courage à 2 mains, et voyant l’une de ses camarades, votre rédactrice lui demande finalement la cause de ce vide… Réponse: il est très tôt, 7h21… Ah. Montre déréglée.
*Fin du flash-back*
Quel bon souvenir. En plus, le concours blanc ayant lieu dans l’amphithéâtre j’avais un sac rempli de coussins sur moi. Ben oui, le concepteur de cet amphi étant probablement dépourvu du sens commun, les sièges (attachés au sol) sont à une grande distance des bureaux… Donc il faut se tenir pendant toute l’épreuve sur la pointe des fesses, se casser le dos pour se pencher vers la copie ou s’appuyer au dossier. Et tous les sièges sont reliés, donc, si une personne a le tic consistant à secouer une jambe nerveusement, toute la rangée est nerveusement secouée. Et si l’élève du milieu veut sortir pour aller aux toilettes, tout le monde doit se lever. (Mais pour tout vous avouer, je n’ai pas eu la chance de connaître cela, les deux derniers rangs ont des chaises véritables, oui vous savez, individuelles, déplaçables, avec un vrai dossier… et en jeune égocentrique sans scrupules j’ai squatté l’une d’elles toute la semaine. Na.)
Peu à peu des liens de voisinage se créent, des échanges, favorisés par le différentiel entre les deux états séparés par une frontière …. Un traffic de carreaux de chocolat, de mouchoirs, de cartouches, de biscuits… On soutient son allié dans l’effort de guerre. Parfois de brèfs conseils se tiennent lorsque le prof disparaît et des informations cruciales sont échangées: “je ne comprends rien nom d’un chien! Et toi? Non, c’est quoi ce texte… ” ou “arg, encore un sujet horrible j’ai rien à dire…” Et les heures passent, lentement (de 8h à 10h30), puis de plus en plus vite (le moment de rendre la copie approche). On sort et c’est une bouffée d’air frais, on dit que l’on va aux toilettes mais le but est surtout de respirer un peu, car quand on revient dans l’amphi on est presque étouffé par la chaleur et … il faut le dire… l’odeur, un mélange des odeurs humaines, de l’odeur de clémentine du troisième rang, du chocolat du cinquième, du sandwich au thon apporté par un audacieux, du café d’un thermos voisin, de blanco fébrilement passé sur une rature…
Bilan de la semaine (et un jour):
Lettres: Vous expliquerez, à travers des exemples précis de pièces que vous connaissez, comment on peut comprendre des expressions comme “jouer la comédie”, “jeu théâtral”….
Géo: Frontières et espaces frontaliers en France
Philo: Le travail est-il une servitude?
Anglais: “White man’s burden”.
Latin: “Ovide, Tristes, 9ème élégie, des fourmis qui ne vont pas vers les greniers vides, des colombes qui vont sur des toits blancs, des foules qui font comme l’ombre…
Histoire: Athènes et la mer
Allemand: Amerika, Kafka.
memories
Fin, et maintenant, en bons élèves, on attend… (non pas les résultats) les vacances!!!

La petite maison dans la prairie

Buffy

Voilà bien longtemps que je ne me suis pas exprimée ici, alors je reviens, pour vous décrire un charmant village, le village de Trifouillis-les-oies, exemple charmant et pittoresque de village campagnard, et il faut le préciser : c’est mon petit village, lieu de mes vacances et week-end lorsque je ne reste pas dans cette métropole lyonnaise (7 fois moins importante que Paris, disent les géographes) où je suis en semaine.
Trifouillis-les-oies se situe à environ 30 minutes en voiture de V., ville qui concentre des services rares, des activités primaires, secondaires et tertiaires, bref, où l’on va pour vivre. Mais il faut immédiatement faire remarquer que si cette distance paraît raisonnable, elle l’est tout de suite moins si l’on pense aux pauvres martyrs qui n’ont pas de voiture… Parce que dans ce cas précis ils doivent se contenter des transports scolaires. Vous me direz: il y en a, c’est déjà une chose. Oui, mais, pour une raison qui m’échappe, Trifouillis est le village le moins déservi de la plaine de V. alors il y a un car le matin à 7h10 pour rejoindre la “métropole” et un à 18h25 pour faire le trajet dans l’autre sens. Et si on va au théâtre? au cinéma? eh bien pour rentrer, c’est tout de suite marrant. Sans parler des vacances. Ben oui, car le principe du car scolaire est qu’il transporte des élèves, et pendant les vacances il n’y a plus d’élèves… Pourtant, dans sa clémence, la région nous accorde un car… à 13h (et celui de 18h)… Et si je travaille à V. ? j’y vais en patins à roulettes? Ce doit être ça.
Après avoir donc établi cette difficulté pour sortir de TlO, voyons un peu ce qu’il y a dans cette petite commune. Nous avons, tout de même, 2 boulangeries (erreur, l’une a fermé)… bon une boulangerie. Une épicerie. Une pharmacie toute neuve (logique, il n’y a que des vieux ici, TlO est une agglomération de retraités qui viennent profiter de la campagne). Un intermarché. Deux maternelles et une école primaire. Un bureau de tabac. Plein de choses! Je ne dirai pas qu’il n’y a pas de musée, pas de cinéma, pas de librairie, pas de Fnac, pas de patisserie, pas de boucherie, pas de dentiste (ah, mais il y a un médecin), pas de théâtre (mais des cours de danse je crois). On a aussi la même liste électorale, unique, depuis plus de 10 ans, c’est beau la démocratie. Bref on s’amuse à Trifouillis-les-Oies.
Mais, le mieux de tout ça, c’est la bibliothèque, la merveilleuse bibliothèque. Elle est ouverte au moins un jour par semaien (j’exagère). Sauf que ce jour c’est, si c’est un jour de la semaien, avant 18h, et moi au lycée je finissais à 18h (donc arrivée dans le dit-village à 19h passées) et le samedi matin, sauf que moi: hypothèse 1: j’ai cours, hypothèse 2: j’ai DS… alors pour emprunter un livre, je ne vous raconte pas… Mais partons du principe que j’ai réussi à entrer dans la bibliothèque et que je cherche, innocemment un Zola… Eh bien, niet, seulement des versions abrégées (bon, je ne mentionne même pas Gracq et Huysmans, qui font lever des sourcils suspicieux aux bibliothècaires, qui me répondent qu’il n’y a pas beaucoup de littérature des pays de l’Est…. je renonce). Je me rabats donc sur Hugo, parce que il y a quand même Le dernier jour d’un condamné… Mais cependant, une question me tourmente, quels sont donc ces livres qui encombrent les étagères? Je m’approche… Et là traumatisme double: il y a tous les Nothomb (je n’ai rien contre elle, mais bon, quand même pas de Zola et tout Nothomb…), Gavalda, Schmitt et autres auteurs si modernes, ça se lit comme du beurre… De crainte de passer pour une personne à l’esprit peu ouvert je ne commenterai pas davantage ces livres “que tout le monde aime” (et d’ailleurs je ne dis pas que je déteste lire un petit Nothomb de temps à autre). Seconde catégorie: les merveilleux, que dis-je, les mirifiques, “romans du terroir” (mais si, vous avez tous vu ce rayon dans une Fnac, les livres y ont même une couverture spéciale, avec des photos de notre belle campagne…). Je regarde quelques résumés, pour la culture. Et repose ces livres. Vous voulez connaître l’histoire de TOUS les romans du terroir? Il était une fois un petit village campagnard de (un coin de France au pif) au XIXème ou début XXème. On trouve un enfant abandonné/ des gitans reviennent avec un enfant non gitan, une vieille femme/vieil homme se prend d’affection pour lui. On l’élève. Il y a des tensions, des regards, des non-dits (très importants les non-dits!) … et on découvrira une sordide affaire, avec un amour caché, une femme qui doit s’exiler pour accoucher, qui meurt à cette occasion… Et l’enfant, qui sera reconnu par le village épousera bientôt une jeune fille/un jeune homme… Situation de A à non-A comme dirait Beepee, illustre prof d’anglais: rejet vers intégration. D’un banal.
Et vous voulez savoir le pire? J’ai travaillé dans cette bibliothèque. Eh bien, ces livres étaient les seuls qui sortaient (avec les magazines Art&Décoration et Elle). J’ai un peu déprimé. En plus, dans notre douce campagne, on n’hésite pas à employer la bénévole que je suis… Et que je dois re-ranger tous les documentaires, et que je dois reclasser les J’aime Lire, et que “ce serait bien si tu pouvais t’occuper des albums”, oui, les albums qui sont dans des bacs si bien construits que si on est debout on doit trop se pencher mais que si on ne se met à genoux on est trop bas, et qui sont donc la cause de maux de dos inévitables… Et tu m’aiderais à déplacer une étagère… Bien sûr. Par contre, elles, les bibliothécaires de plus de 20 ans, elles restent assises à papoter… Mais ce sont toutes des voisines, tout le monde se connaît dans un petit village, et d’ailleurs, je suis très heureuse de pouvoir faire bénévole à la biblio. Mais quand même.
Voilà, c’était ma douce campagne.